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Un premier Ironman 70.3 fort en émotion


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Toutes ces heures d’entrainements et de sacrifices pour prendre part à un ironman 70.3 est ce qui rend cet évènement à la fois si fascinant et imposant, surtout lorsqu’il s’agit de notre premier!! 
 
Cette année c’est  la première fois que j’arrive à enchainer plusieurs mois d’entrainements en continu et ça paraît au niveau de mes persformances;)  L’année dernière, à cause du travail et suite à une blessure, c’était plutôt du « stop-N-Go ». 
 
Pour atteindre l’objectif qu’on s’est fixé, le chemin est parfois rempli d’embuches.
Mais une fois qu’on y arrive et que l’on prend part au départ de la compétition pour laquelle on a travaillé fort, selon moi, c’est la grosse récompense. 
 
Nous sommes a une semaine mon objectif: 
 
Durant cette dernière semaine de récupération et d’attente, les émotions sont souvent variables; je passe par des moments d’euphorie du style «je vais casser la baraque à vélo»… puis par des moments d’inquiétude «suis-je vraiment prête?!!!!!»
 
Avec Bart à mes côtés, je fais de la visualisation (je le recommande) pour faire partir le stress et surtout pour me mettre dans un état d’esprit de réussite. On se prépare à toute éventualité; quoi faire si j’ai un flat à vélo, si je manque d’énergie (bunk), s’il fait 40 degré, s’il neige, etc
 
Puis un soir comme les autres, à 4 jours de l’objectifs, arriva ce qui arriva.
 
Dans un moment de grande lucidité, je me dis qu’il serait bon de faire du stretching. Pour étirer mon superbe « six pack » (et oui! lol) j’opte pour la position du cobra. Voulant toujours aller plus loin, me vient ensuite l’idée de faire le « pont » (chose que je ne fais pas d’ordinaire). 
 
«Outch!», un pincement dans le haut du dos. Ok on va arrêter ça tout de suite, mais malheureusement le mal est fait.
 
Cette petite gêne devient une douleur qui s’aggrave de jour en jour… 
 
Vendredi soir:
Ma douleur dans le haut du dos est telle qu’elle provoque une difficulté respiratoire. En fait lorsque j’inspire, c’est comme si un pincement m’empêchait d’inspirer plus profondément. Je suis au chalet bien entourée de ma famille et de Bart qui tente de me rassurer; «demain ça ira mieux!». La nuit est courte car je me réveille à chaque fois que je bouge… l’anxiété monte.
 
Samedi matin (veille de la course):
 
En arrivant au village de Mont-Tremblant, il y a un vent de frénésie… je ressens l’ambiance du demi-ironman. Des centaines d’athlètes circulent partout.
 
Mon pauvre chéri qui trimbale toute mes sacs pour ne pas que je me blesse davantage en portant une charge 😉
 
Plus tard après avoir installé tout le set-up de Bartcoaching, mon chéri (se transformant en coach) me conseille d’aller tester le parcours de natation- vélo -course pour voir comment je me sens. En natation, j’ai mal. À chaque rotation du tronc j’ai le souffle court… mais ça peut aller.
 
Je tente ensuite une petite course à pied…isschhh… ça fait mal. Je suis têtue et je force un peu la note en accélérant mon pas de course; j’ai du mal à respirer et le souffle court… ça y est j’ai le motton dans la gorge. Finalement, j’explose et devant le regard déconcerté des gens que je croise, je termine mon échauffement de course en pleurant.  Je veux faire cette course, mais impossible dans cet état!
 
Le dilemme se pointe quand le mental et le physique ne s’entendent plus; je me sens trahis par mon corps.
 
Dans des moments comme celui là, on essaye de se dire: «ce n’est qu’une compétition, il n’y a rien de grave, ma vie n’est pas en péril». Mais les athlètes qui l’ont vécu le savent ; quand ça fait plusieurs mois que tu mets le focus sur une compétition c’est difficile de relativiser la situation, surtout si proche du but. 
 
Dans un dernier espoir, après mon souper «carbo-load», je demande à Didier un massage. Il est 22h quand Didier finit de me masser dans la chambre d’hôtel (non mais… on est V.I.P. ou on l’est pas!! 😉 
Je prends des anti-inflammatoires + glace, puis je mendors. Le stress de ma journée m’a achevé.
 
Le jour J: 
 
Je me réveille avec une douleur toujours présente mais beaucoup moins importante… merci Didier!!!! Ma respiration semble plus facile. Je m’habille en essayant de ne penser à rien. Je ne me crois toujours pas capable de prendre part à la course, mais vu l’amélioration de mon état je prendrai la décision finale sur la plage lorsqu’ils donneront le coup de feu de départ (à la dernière minute!).
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Dans la zone de transition, machinalement j’effectue ma préparation tel un robot. Je tente de cacher mes émotions aux autres athlètes. Je socialise très peu car le moindre commentaire du genre «allez la machine, tu vas clancher!» me fait monter la larme à l’oeil (je suis vraiment une fille sensible bon).
 
Je reçois un texto de ma soeur: «nous sommes en route… on est tes plus grands supporters!». Coup de fouet!
En plus, il y a ma famille qui fait tout ce chemin pour venir m’encourager. Je me dis: «là tu ne peux pas lâcher si proche du but, ca va bien aller».
 
Il est 6h50; migration de tous les athlètes et de leurs supporters vers la plage… ça en fait du monde! C’est là que finalement, je retrouve les miens! Ma famille au complet est là…quel bonheur! 03familledébut DSC_5080IMG_1598
 
«Tu es capable Nounou, on est avec toi!»… 
(Nounou = petit surnom que l’on se donne depuis l’enfance… nous avons été marqué par les dessins animés « animaniacs »).
Ils me signent des petits mots d’encouragements sur les bras que je pourrai regarder dans des moments de découragement.
 
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Dernières accolades avant le départ!

L’adrénaline embarque, je sens moins mon dos. Je ravale mes idées noir à grand coup de «ta gueule»!
7h 45: c’est presque mon départ. Je marche vers l’eau, je n’arrive toujours pas à croire que je vais le faire. Je m’isole des autres filles que je connais. J’ai tellement le track (et envie de vomir) que j’ai besoin de ma bulle.

Natation:

BAMMM… Coup de canon! Tout autour se passe au ralenti. 
J’ai une décharge total d’adrénaline. «De la marde pour ma douleur…c’est parti!». 9127893873_213811b969_k
Je sens que je ne ferai pas ma meilleure natation, mais on s’en fou je veux la faire!!! 
La machine à laver humaine me donne encore plus d’adrénaline. Un coup sur ma tête l’autre dans le ventre, ça me fait oublier le dos!
 
Souffle court et étourdit je sors en courant de l’eau, quel soulagement immense!!! Mon sourire sur les photos en dit long.sortienatation
Vélo:
Je m’empare de ma super monture et à la ligne d’embarquement je saute dessus telle une vrai cowgirl:  
«HU …HU!». 
 
BOUmmm, collision avec une fille en avant de moi qui a mis les freins pour embarquer sur son vélo (pas une vrai cowgirl elle! ). «Oh j’m’excuse!».  J’entends mon chum me dire: «Anne reste concentrée».
J’attaque et j’essaie de donner le meilleur de moi-même. Ce vélo est habité par l’esprit de «Mirinda Carfrae». Avoir le vélo d’une pro ça donne de la force (mentale). Je gagne beaucoup de temps sur les autres dans les côtes…
«HU… HU p’tit cheval! ».
 
117 Aller-retour fait.

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Rendu à la montée Duplessis, comme prévue,  je m’étais gardée assez de jus pour affronter ce bout de parcours difficile. Avec mon petit poids plume, les côtes c’est facile, bonjour l’orgueil des hommes lorsqu’il me voit 😉 J’entends mon coach dire; «attaques dans le haut des côtes et position aérodynamique en descente»… je file à 50km/h…
 
 

TACK!!  OUTCHHhhhh!! quoi, une guêpe sur mon bras!!!! Je secoue vigoureusement le bras… GROSSE ERREUR. 
Je pers le contrôle du vélo et nous entamons une périeuse glissade sur le côté.  Je termine la chute en position assise sur le bitume. Des vélos défilent à toute vitesse de chaque côté de moi. 
J’en shake de partout, «Oh mon DIEU!!» 
Je regarde autour de moi, des secours arrivent en courant. Sous l’adrénaline, je me relève rapidement.
On m’inspecte… j’ai un troue dans mon cuissard, un hématome sur les fesses et le mollet… et tiens! réapparaît mon mal de dos. 
Je confirme que je veux repartir et on m’aide à redresser mon vélo.  
 
J’affronte les dernières montées de Duplessis sous l’effet de l’adrénaline et des endorphines… je ne sens pas de douleur mais dans ma tête je suis ailleurs.
 
Arrivé en transition, j’ai du mal. Assise par terre, je mets mes chaussures de course péniblement. Je voudrais juste me mettre en boule et pleurer. Mais finalement je repars (Caro qui est là m’y encourage). Je cherche des visages que je connais et c’est à la vue de ma famille et de mon chum que je laisse aller des larmes… Il sont là et me crient: «Allez Nounou!»…
«Non je serai pas capable, j’ai tombé et j’ai mal partout!»…
«Non. Tu vas réussir Nounou»!
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Ça va être terrible comme premier demi-marathon ça.
 
Pendant les 4 premiers kilomètres je m’accroche à Judith (la coquine) qui court plus loin devant moi. Je me sens moins seule d’avoir quelqu’un que je connais en vue. Malgré mes douleurs, je m’applique à redresser ma posture et graduellement j’arrive à trouver une bonne cadence.
 
5ième kilomètre: Hummmm… les voilà ces petites hormones du plaisirs… E-N-D-O-R-P-H-I-N-E-S! 
Mon chum passe à côté de moi à vélo et me dit de ne pas lâcher, j’essaye d’appliquer le plan de match qu’il m’a aidé à faire: gels, capsule de sels , verre d’eau froide sur la tête… et un autre. 
Il fait chaud et surtout très humide.
Ah tient… Eric Noel qui est déguisé en super héros me fait pouffer de rire! Je rattrappe ensuite Judith qui au même moment se penche pour replacer son soulier… je lui claque une fesse en riant. Je croise au retour d’autres athlètes chickens… on s’encourage. Mon air de chien battu prend tranquillement le bord et j’affiche un sourire. Plus loin, bien positionné au tour around, je vois la petite Julie. Ensuite, qui vois-je? Jacqueline Gareau (nul autre que la championne du marathon de Boston ) qui me tend un verre d’eau…ah ben! 
 
J’arrive dans les côtes du 15 ième kilo et j’ai encore pas mal de jus. Plus que 6km. Je réalise… «mais PUTAIN c’est pas vrai! Je vais réussir ce demi-ironman!!!!!»
 
3km à faire… mon club chickens m’offrent des encouragements à vous en donner des frissons partout. Ils sont une trentaine à me crier dessus (on aurait pu dire une centaine ;). J’accélère à 4min18 du kilo (oups c’est un peu trop on va se calmer).
 
Au 20ième kilo, stratégiquement positionné dans la dernière côte, mon fan club familiale pousse des cris. «Putain ils ne pourraient pas me laisser faiblir en paix ceux là». Toujours là quand il faut 😉
Capture d’écran 2013-06-28 à 15.46.11sprint
 
Et c’est ainsi que je termine en sprint la descente dans le village du Mont-Tremblant, sous les applaudissements de la foule.  À l’arrivé je titube, je suis si fière… «ah! c’était pas si pire»…pfffffffff.
 

À l'arrivé

À l’arrivé

Ironman 70.3 check et premier demi-marathon check! 
 
Premier demi-ironman en 5h19m18sec et premier demi-marathon en 1h49, 55ième femme sur 663 (incluant les femmes pro) et a une place du podium dans ma catégorie ! Attention mesdames, ma progression est rapide…l’année prochaine je vise ce podium! mouahahahaha 😉
 
 
Un gros remerciement
 
 
Merci à mon chum Bart:
Ceux qui me connaissent savent que j’ai un peu de difficulté avec la discipline personnelle. J’aime profiter de la vie de manière spontanée et j’ai une facilité à remettre mes devoirs au lendemain sans trop de remords. 

Jamais je ne serais où j’en suis sans mon amoureux qui m’aide à mettre un peu de structure dans ma vie!!  Il devrait breveter ses techniques de motivation pour me sortir du lit le matin.

Merci de m’aimer comme je suis! … ou presque 😉
 
Merci à mon coach BART.
 
J’ai bénéficié d’un coaching ultra-personnalisé par le meilleur coach que je connaisse… ce n’est pas par chance que je fais de bon résultats. Sincèrement, j’ai une profonde admiration pour ta philosophie du sport et tes techniques d’entrainements. Vive Bartcoaching!!!
 
Merci ma famille
 
Je suis bénie d’être entouré d’une si belle famille. Merci pour votre amour, votre compréhension et vos encouragements!! Ça signifie tellement pour moi. Que ferai-je sans les nounous!!?? Je soupçonne ma soeur Geneviève d’être de connivence avec Bart pour ce qui est d’inventer des techniques de motivation qui marchent avec moi.

le petit dernier des nounous! Fier de sa tantine

le petit dernier des nounous! Fier de sa tantine

 
 À mes amis
 
L’aspect « multisport » du triathlon impose certains compromis et surtout en terme de temps. Les sacrifices sociales avant ma course, j’ai eu l’impression d’en faire beaucoup; moins de temps pour les amies, pour les soirées… vous êtes très compréhensifs. C’est promis je me reprendrai. Merci de vos encouragements et d’être dans ma vie.
 
Vive les chickens! Je vous aime ma bande de volaille. Merci de l’énergie que de vous fréquenter m’apporte!!!
 
Je tiens à lever mon chapeau à ces «superwomen» du club, à la fois triathlètes et mères qui arrivent à jongler avec les heures d’entrainement et la famille!!! Sabrina et compagnie, vous avez toute mon admiration!
 
 
 
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4 réflexions sur “Un premier Ironman 70.3 fort en émotion

  1. Excellent c-rendu Bart, félicitations à Nounou, tout un exploit! Nancy en avait les larmes aux yeux…!

  2. wow super impressionnant Anne. Superbe performance également!!
    Félicitations 🙂
    J’ai utilisé tes conseils dans les dernières compé!! merci
    Marie-Lyne
    xxx

  3. Pingback: Récap: IronMan 70.3 Tremblant 2013 | BART COACHING

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