Athletes Race Reports

Race Report – Lake Placid 2010 par Phil

Par Philippe Pregent: IronMan Lake Placid 2010

Eh làlà, par où commencer ? Pourquoi pas par la fin de l’histoire? Je suis en vie. Le suspense maintenant levé, je retourne au début.

Soixante-huit kilomètres de nage. Deux mille huit cent cinq kilomètres de vélo. Cinq cent trois kilomètres de course à pied.

C’est ce que mon coach Bart m’a fait faire au courant des 4 mois qui ont précédé la course. Tout cela sans compter les 5 autres mois d’entraînement en solo. Ça n’a pas toujours été facile, mais sans chacun de ces kilomètres parcourus, je ne sais pas si lors de ce dimanche j’aurais franchi la ligne d’arrivée.

Les 2 semaines de taper précédant la course ne m’ont pas énervées plus qu’il faut, à l’exception de la première journée où je me suis semi-foulé la cheville à l’entrainement de course à pied. Ce petit bobo est heureusement rentré dans l’ordre au courant de la semaine.

Avançons jusqu’au vendredi précédant la course. J’étais déjà allé chercher mes trucs à l’expo et jusqu’à date tout s’annonçait bien. Bart et Jen sont arrivés au chalet dans une voiture remplie de boîtes de cartons avec 2 vélos sur le toit, alors qu’ils étaient partis de Montréal sans boîtes de cartons, mais avec 2 vélos et UNE ROUE sur le toit !?!?!

Un vrai magicien ce Bart! Il m’offre de me prêter ses nouvelles roues ZIPP 808 pour la course, ce que j’accepte avec des étoiles dans les yeux comme un enfant de 8 ans.

Le samedi, il faut aller préparer la zone de transition. Je dois préciser que j’avais un peu mal fait mes devoirs et je ne m’étais pas bien renseigné, mais il fallait TOUT TOUT TOUT préparer cette journée; le vélo, mais aussi le sac pour T1 et celui pour T2. Je ramasse donc mon attirail et arrive à LP. Les roues étaient un peu voilées, alors nous passons chez Planet Placid pour les ajustements. Magasin que je recommande d’ailleurs plus que fortement! Ensuite je vais installer le tout, mais J-P me fait remarquer que mes calles sont arrivées à la fin de leur vie utile et que je devrais les remplacer avant la course… Je vais donc au petit pro-shop Ironman et on m’indique que ça sera changé dans la prochaine heure.  Je reviens plus tard les chercher et avant de les mettre dans mon sac T1, je me souviens de Bart qui m’avait dit d’aller les essayer, histoire de confirmer que tout était ok. Eh ben, incapable de les accrocher aux pédales! Les mecs n’avaient pas mis le bon modèle!!!  Une heure plus tard et une visite dans une autre boutique, le tout était réglé et ma zone de transition enfin prête. Morale du jour: préparer à l’avance son équipement et en vérifier l’état!

Phil aime bien le old style 🙂

Sieste en fin d’après-midi. Souper du samedi soir : spaghetti! Dodo tôt. Réveil 3h45 AM

Je n’ai aucune difficulté à m’endormir, mais le réveille-matin sonne déjà! En route vers Lake Placid avec Bart au volant, Jennifer sur la banquette et James Brown dans le tapis.

Une tension est palpable dans la ville au grand complet. Tant les athlètes que les spectateurs sont au courant qu’il n’y en aura pas de facile. Je me fais marquer par une gentille bénévole et aperçoit JF qui me permet de me faufiler en avant de la ligne des bécosses 😉

Mon wetsuit facilement enfilé, j’arrive sur la plage où un chaos règne déjà. Je me dis que je ferais bien quelques aller-retour à la nage avant le départ, alors j’entre dans l’eau et commence à nager. Au même moment le départ des élites est donné et tous les concurrents « age-groupers » entrent dans l’eau, m’emprisonnant là pour les 10 minutes suivantes; par contre, ça m’a permis d’avoir une excellente place au départ!

BANG!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

Un blender de bras et de jambes. C’est exactement dans quoi on se sent. Les gens étaient toutefois pas mal plus courtois (dans une certaine mesure tout de même) que lors des compétitions de plus petite distance, probablement parce qu’ils savaient que quelques secondes ne sont pas trop importantes à ce stade de la course. Je décerne aussi le prix citron du chauffeur de pick-up du lac aux gars musclés avec les wetsuits sans manches qui me donnent des coups de poings tout au long du trajet.

La première boucle de nage est déjà terminée. La quasi-totalité des nageurs marchent pour sortir de l’eau et y re-rentrer et j’en profite pour gagner au moins 25 positions juste en joggant un peu plus vite qu’eux !?! La 2e boucle va encore plus vite parce que nous sommes pas mal moins, il y a donc plus de place pour exprimer son art et glisser sur l’eau.

Je sors de l’eau excessivement satisfait de ma performance et tout frais pour le reste de la journée. Des « strippers » m’enlèvent mon wetsuit et, ayant appris de mon expérience à Rhodes Island, je n’assène aucun coup violent de genoux dans le visage d’aucun d’entre-eux.

Je cours vers T1, et bien que concentré, suis porté par l’énergie de la foule et des supporters des chickens. Je trouve mon sac parmi le fouillis national de la zone de transition et mets mon équipement de vélo. Je quitte T1 avec les gars qui ont des vélos à 8000$ et les casques aéro!

Je garde un bon tempo, mais reste économe dans ma consommation d’énergie. Dans le premier 35km, il y a beaucoup de dépassements, mais je reste concentré comme un vieil indien sage. Mon entrainement a porté fruit parce que la première boucle de vélo est déjà terminée et j’ai l’impression de littéralement couper l’air sur mon passage.

En ville les supporters sont incroyables!

Deuxième boucle de vélo. Descente vers Keene. Je suis bien loin de savoir ce qui m’y attend. Le pavé était mouillé d’une légère pluie qui avait eu lieu 5 minutes au paravent. 75km/h. Une rafale de vent venant de la droite me soulève avec puissance du vélo et me fait faire un vol plané légendaire. Asphalte, ciel, asphalte, ciel, asphalte, ciel, asphalte.

Ça a brassé, mais je suis en vie. Je me relève et constate même qu’à première vue je n’ai rien de cassé! Mon vélo nonplu! Je me dirige sur le bord de la chaussée et un supporter vient m’offrir assistance. Je lui demande de m’aider à faire l’inventaire de mes blessures apparentes. Cuisse droite, coudes, épaules, avant bras droit et gauche, biceps droit, intérieur des mains et doigts. Ça chauffe en titi-mon-ami et je sens que l’impact m’a ébranlé, mais de l’intérieur, rien de majeur ou rien qui pourrait être empiré en continuant. Cinq minutes plus tard je suis de retour en piste et commence à remonter les triathlètes qui ont profité de mon arrêt momentané.

Je ne peux me mettre en position aéro, simplement parce que les dessous de mes avant-bras ne sont deux bandes de 20 cm sans peau. Forcer de ma jambe droite est aussi un peu plus difficile parce que j’ai un bleu sur la fesse.

Après qu’au moins 100 personnes m’aient offert de l’assistance médicale, je termine enfin le parcours de vélo en me disant que 4 heures plus tard je serai enfin un Ironman.

Je pars à la course à pied sur un tempo conservateur, mais que je n’arrive tout de même pas à conserver. Mes plaies qui avaient séché en position cycliste doivent se craquer et s’adapter aux nouveaux mouvements de course à pied. Je me dis qu’on devrait ajouter cette portion aux bricks du samedi matin.

Je passe devant les chickens qui me donnent un boost d’énergie et Jennifer une tape sur l’épaule! Ça n’a pas fait tant mal que ça, mais je me dis tout de même que je vais pouvoir la taquiner pour les siècles à venir …

Le reste de la course a étrangement été long et court à la fois. Crampes. Pied engourdi. Intestin rébarbatif. Lentement, mais sur le pilote automatique. J’ai du marcher les points d’eau pour m’étirer. Je scindais le kilométrage restant en petits objectifs que j’atteignais les uns après les autres. À certains moments, un trop-plein d’émotion parvenait à ma gorge et me rendait au bord des larmes.

Les sauts à ski. La dernière côte vers Lake Placid. Le centre-ville. Le stade est juste à gauche et il reste encore 2 miles. Je me fais mal pour conserver ma position et peut-être en gagner une autre. Entrée dans le stade. Foule en délire. Ma famille. Mes amis. Mes coéquipiers chickens. La ligne d’arrivée.


PHILIPPE PREGENT FROM MONTREAL, YOU ARE AN IRONMAN…

Simplement le plus grand sentiment d’accomplissement que j’ai ressenti dans ma vie jusqu’à ce jour.

Je prends quelques photos avec ma médaille pour la postérité et 2-3 bénévoles m’aident à accéder à la tente des premiers soins. Les images de l’intérieur me rappellent un documentaire sur le Vietnam à Canal D. Une équipe me traitent aux petits oignons, mais m’avertissent de la procédure bien spécialisée qu’ils vont me prodiguer : « Basically, we’re gonna scrub the shit out of you. And it’s gonna hurt like a bitch.»

En effet!

Quand je ressors de la tente il fait noir et je n’ai envi que de retourner au chalet. Nous y dévorons des pizzas fancy et du champagne de la boutique hors taxe.

Juste pour tester ma patience, en revenant ma voiture est tombée en panne, je l’ai vendue sur place. Nous avons loué une voiture jusqu’à Plattsburgh et pris l’autobus ensuite…

Mes blessures guériront miraculeusement très rapidement (la plupart en environ une semaine et les autres en 2 semaines), mais ces semaines n’ont été de tout repos. Merci à Jen, à ma tante infirmière et à tous ceux qui ont pris soin de moi.

Je pense que je ne suis plus bien bien impressionné parce que maintenant je me sers de mes sacs de transition Ironman Lake Placid 2010 comme sacs de poubelles de cuisine…

Objectifs 2011 :

Nutrition et flexibilité pour avoir le look d’un vrai triathlète.

M’acheter des ZIPP 808 et leur montrer qui est le boss.


Phil


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Une réflexion sur “Race Report – Lake Placid 2010 par Phil

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